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Points forts du forum "Tendances de la pauvreté - La question de l'accessibilité financière", avec Natalie Appleyard

Natalie Appleyard, analyste des politiques socio-économiques chez Citizens for Public Justice, auteur du rapport 2024 sur les tendances de la pauvreté, nous a aidés à remettre en question nos points de vue sur la pauvreté et les solutions politiques possibles.

 

Chez Citizens for Public Justice, nous partons de la conviction que nous sommes tous créés à l'image de Dieu, que nous sommes tous égaux en dignité et en valeur, que nous sommes appelés à aimer notre prochain, à rechercher la justice pour les opprimés et à vivre dans le respect de la création.

Les gens sont considérés comme des détenteurs de droits. L'accessibilité financière est le droit d'avoir un niveau de vie adéquat, de s'offrir les biens et services de base tels que le logement, les médicaments, la nourriture, l'habillement, la garde d'enfants avec son revenu.

 

L'analyse de Citizens for Public Justice montre des taux de pauvreté disproportionnés pour certaines catégories de population : lorsque l'on examine les données relatives aux personnes en situation de pauvreté, on constate d'énormes disparités. Il apparaît clairement qu'il ne s'agit pas seulement de personnes en difficulté qui ont besoin d'un coup de main. Les gens sont confrontés à des obstacles systémiques. S'ils n'étaient pas systémiques, nous nous attendrions à voir des taux de pauvreté similaires dans toutes les communautés et tous les groupes de personnes au Canada.

Si nous n'adoptons pas cette vision systémique, nous finissons par individualiser la faute.

La façon dont nous considérons les gens dicte la façon dont nous réagissons à l'injustice.

Il est essentiel que nous reconnaissions la pauvreté comme une violation de la dignité et des droits inhérents des personnes.

 

La pauvreté n'est pas une fatalité et certaines politiques sont meilleures que d'autres.

Les solutions destinées à la classe moyenne sont souvent inefficaces, inéquitables et coûteuses. Un exemple : il est en fait moins coûteux de fournir un logement à quelqu'un que de couvrir les frais de santé ou de justice pénale engendrés par l'absence de chez-soi. Nous dépensons donc plus d'argent pour des résultats moins bons.

Il existe également des raisons historiques à la pauvreté actuelle : le désengagement du gouvernement fédéral dans le domaine du logement il y a 30 ans, les coupes dans l'éducation et les soins de santé, l'affaiblissement de notre système fiscal et des contrôles réglementaires qui ont réduit les revenus des entreprises et des personnes fortunées... Il semble cynique de réduire le financement du secteur public, de le faire imploser et de demander ensuite au secteur privé de l'aider. Les profiteurs s'engouffrent dans la brèche et s'enrichissent sur le dos des plus vulnérables et des contribuables.

La crise actuelle du logement est due en partie à la financiarisation du logement : lorsque le logement est traité comme une marchandise plutôt que comme un lieu de vie, avec de grands acteurs à but lucratif qui achètent le parc immobilier et trouvent des moyens de supprimer le contrôle des loyers afin d'augmenter leurs profits et la valeur pour leurs actionnaires.

 

Certaines politiques aggravent la situation au lieu de l'améliorer. Nous pouvons mieux choisir.

En ce qui concerne le logement, nous pourrions créer des options plus abordables et réglementer la financiarisation du logement. Par exemple, augmenter la part de logements locatifs non marchands abordables à 7 % au Canada (contre 3,5 % actuellement), ce qui correspondrait à la moyenne de l'OCDE.

 

Suggestions pour les particuliers :

  • Faites savoir à votre député ce qui vous tient à cœur.
  • Ne négligez pas le pouvoir d'être un témoin fidèle.
  • Pour aider un mouvement de changement, de nombreux rôles différents sont possibles. Chacun peut trouver quelque chose qui corresponde à ses points forts.
  • Face à des problèmes systémiques de cette ampleur, nous devons être pragmatiques. Nous ne pouvons pas faire grand-chose seuls (rejoindre un mouvement ?) et nous concentrer sur ce qui est pragmatique dans l'immédiat.

 

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