Le Jesuit Forum for Social Faith and Justice se joint à tous ceux qui pleurent la disparition du Pape François le lundi de Pâques. Son leadership ignatien de l'Église catholique nous a fourni une boussole morale qui semble parfois manquer dans notre monde. Nous partageons avec vous la réflexion du Provincial des Jésuites canadiens, le Père Jeffrey Burwell, sur le leadership et la vie du Pape François.

Le pape François recevant un cadeau d'un réfugié lié au Centro Astalli (mars 2022). Crédit photo : Stefania Casellato
Dans la foi en la résurrection, les Jésuites du Canada se joignent à l'Église universelle pour pleurer la disparition du pape François.
En tant qu'homme formé dans la tradition jésuite, le pape François a témoigné de la vérité ; il a parlé avec clarté, même lorsque les mots étaient difficiles à entendre. Plutôt que de résoudre les tensions à la hâte, il a laissé se dérouler le lent travail de discernement. Son leadership a été façonné par la patience, la prière et une profonde confiance en l'Esprit Saint. Il a incité l'Église à écouter avant de parler, à réconforter ceux qui souffrent et à rechercher la justice non pas comme un idéal abstrait, mais comme une réalité vécue.
Le Pape François a confirmé les quatre Préférences Apostoliques Universelles (PAU) de la Compagnie de Jésus en 2019 et a ratifié notre mandat universel au sein de l'Église. Ces priorités - montrer le chemin vers Dieu ; se tenir aux côtés des marginalisés ; accompagner les jeunes dans leur quête de sens ; et prendre soin de la création - sont le fruit d'un processus global de prière et de réflexion.
Ils ont renforcé l'appel à approfondir notre identité spirituelle tout en s'engageant activement dans les œuvres de l'Église. Dans le monde entier, les institutions et les apostolats jésuites ont renouvelé leur orientation à la lumière de ces préférences. Le pape François nous a encouragés à faire en sorte que nos ministères ne se contentent pas de maintenir les structures du passé, mais qu'ils répondent de manière dynamique aux besoins contemporains.

Le pape François au Québec. Photo : Curie jésuite
En plus de façonner notre mission de cette manière, sa visite au Canada en 2022 a été un moment d'impact important. Plus qu'un événement, c'était le reflet de notre désir commun d'approfondir nos relations et de grandir ensemble.
Sa présence parmi les communautés indigènes, les dirigeants de l'Église et les fidèles de tout le pays a démontré une volonté d'écouter et d'apprendre. Il nous a montré que la réconciliation en Jésus n'était pas une simple étape mais un voyage ; le pape François nous a montré qu'il fallait faire preuve d'humilité et de courage pour le parcourir. Sa visite nous a mis au défi de dépasser les mots et de poser des actes concrets de justice. Ce travail se poursuit et les Jésuites du Canada restent déterminés à collaborer avec les peuples autochtones dans un esprit de solidarité.
J'ai été façonné par le pape François et son appel à une Église pauvre pour les pauvres. J'en suis venu à considérer la justice et la réconciliation non pas comme une idée mais comme une rencontre ; non pas comme une tâche à accomplir mais comme une manière d'être. Son leadership m'a poussé à me demander si ma propre vie reflétait la compassion et l'humilité du Christ, en particulier dans les endroits où la dignité était la plus menacée et l'espoir le plus difficile à trouver. Influencée par son héritage, je reste déterminée à me souvenir de ceux qui sont souvent oubliés et à partager leurs luttes.
Le pape François nous a montré que le leadership exigeait à la fois du courage et de la patience ; il est resté un jésuite visionnaire et plein d'espoir jusqu'à son dernier jour.
Père Jeffrey S. Burwell, SJ
Provincial des Jésuites du Canada